vendredi 2 août 2019

Une belle histoire

À Kamloops, j'ai rencontré Mélina qui est responsable des communications à l'Association francophone de l'endroit. Les locaux de l'Association étant occupés par les jeunes qui fréquentent les camps d'été, Mélina m'a proposé de la rencontrer au Red Beard café. Nous avons évidemment parlé de l'Association pour laquelle elle travaille et de la francophonie à Kamloops, mais pour écrire ce billet j'ai volontairement retenu un aspect plus personnel de notre conversation (avec sa permission).

Je suis toujours touché par les personnes pour qui il est viscéral de parler en français. C'est le cas de Mélina. Depuis le début de mon périple, Mélina est la deuxième personne (l'autre étant Réal, dont je vous ai déjà parlé) qui me décrit ce besoin profond de s'exprimer en français alors que son environnement favorise davantage l'usage de l'anglais.

Mélina a étudié en français durant son parcours scolaire préuniversitaire, elle étudie maintenant en anglais au niveau universitaire. Elle est parfaitement bilingue. Lorsqu'elle s'est présenté à l'AFK, c'était pour emprunter un livre en français. Elle est devenue membre de l'Association, puis très rapidement elle en est devenue une employée. Et maintenant elle se sent comblée.

Ce qui me fascine dans l'histoire de Mélina, c'est que cet amour viscéral de sa langue maternelle semble associé à un vécu émotionnel intense sur le plan familial, comme c'était aussi le cas pour Réal.

Mélina et moi au Red Beard café

Les parents de Mélina sont arrivés en Colombie-Britannique à l'âge de 19 ans. Venus du Lac St-Jean, au Québec, ils ont finalement tranformé leur séjour en une vie de Franco-Colombien. Pour la mère de Mélina, il était essentiel de faire du français la seule langue officielle de la maison. Les amies de Mélina, pour la plupart bilingues, devaient obligatoirement parler en français lorsqu'ils entraient chez les Potvin.

Mélina vivait le retour occsionnel dans la famille élargie, au Lac St-Jean, comme un moment d'insouciance heureuse, tel que les enfants les désirent au plus profond de leur être. La famille se réunissait autour des exilés, le bonheur signalait sa présence à chaque instant. Et c'était en même temps l'occasion d'un bain dans la langue française. Rien pour en faire une théorie, mais l'histoire de Mélina et celle de Réal se ressemblent beaucoup. On dirait que l'attachement viscéral à leur langue s'est tissé à travers l'établissement de liens significatifs et porteurs de bien-être.

J'aime entendre que l'on peut tenir son âme en éveil juste par amour de sa langue. Il suffit alors de faire vibrer ses cordes vocales pour recevoir sa dose de bonheur...

Réflexion comme ça: peut-être qu'il était plus facile d'avoir un rapport « sentimental » à sa langue à l'époque où les gens vivaient de manière moins isolée, moins désincarnée...

Merci pour ce beau témoignage Mélina.



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