dimanche 18 août 2019

Vous et moi

Je suis de retour à Shawinigan. C'est ici que je vis depuis quelques années seulement. C'est à Trois-Rivières que j'ai passé la plus grande partie de ma vie (plus de 40 ans). Je m'y suis installé vers l'âge de 18 ans pour y étudier d'abord, et pour y rester finalement. J'ai vécu les 18 premières années de ma vie à La Tuque, là où je suis né. Ce sont trois sont villes situées aux abords de la rivière St-Maurice. Toute ma vie, j'ai suivi cette rivière dans l'espace (entre La Tuque et Trois-Rivières) et elle m'a suivi dans le temps (je ne l'ai jamais perdu de vue).

Chez-nous, à Shawinigan, je vais régulièrement marcher sur la promenade du St-Maurice. Bel endroit pour se détendre ou pour réfléchir. Je prédis que ce sera plutôt pour réfléchir que je m'y promènerai dans les mois à venir. Francophones de l'Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan, de l'Alberta et de la Colombie-Britannique, vous m'avez si bien nourri intellectuellement que je dois maintenant assimiler tout ce dont nous avons discuté avant d'écrire à nouveau au sujet de cette francophonie que vous faites vivre dans vos coins de pays respectifs.

La promenade du St-Maurice


La rivière St-Maurice à la hauteur de Shawinigan




Francophones du pays, je vous remercie du fond du cœur pour l'intérêt que vous avez démontré vis-à-vis ce projet " Rouler franco ". Je suis parti à votre rencontre dans un esprit d'ouverture, j'ai voulu établir avec vous des liens fraternels, et vous m'avez vous aussi accueilli avec cette même attitude. Cela a donné lieu à de beaux moments, à de riches discussions. Vous m'avez permis de vous découvrir.

Je remercie également tous mes lecteurs d'avoir pris le temps de lire mes articles écrits tantôt avec sérieux, tantôt avec folie. Me savoir lu me stimulait beaucoup. Merci d'avoir commenter mes articles sur ce blogue même, mais aussi par courriel, par messenger, par texto et sur Instagram.

Il y aura très probablement une suite à cette aventure. Quelle forme elle prendra? Je ne sais pas encore. Je vous en informerai lorsque cela deviendra plus clair. En attendant, vous pouvez toujours communiquer avec moi par courriel à l'adresse suivante: roulerfranco@gmail.com

Dolorès prendra congé, Norco, mon vélo, la remplacera pour quelque temps. Besoin de redonner du tonus à mes muscles et de l'amplitude à ma respiration. Lucien, lui, continuera d'écouter de la musique... Il adore!

Et si tout va comme prévu, je parcourrai les Maritimes l'été prochain, dans le même esprit...

Guy Pilote



En suivant la rivière St-Maurice pour se rendre à La Tuque.





mercredi 14 août 2019

Un havre de paix à North Bay

De Hearts à North Bay, c'est presque 7 heures de route. Fatigué, je m'arrête au Dreany Haven campground. Oui, c'est réellement un havre de paix.



À la réception, la très gentille propriétaire est francophone. Elle m'indique l'endroit où je pourrai m'installer. Petit rituel : après avoir pris possession de mon terrain, je m'empresse d'aller voir de quoi ont l'air les toilettes et les douches. Ici, tout est parfait !

C'est maintenant l'heure de préparer mon repas du souper. Sur le terrain d'à côté, deux femmes viennent rendre visite à ma voisine et je remarque qu'elles lui parlent en français! Les trois femmes discutent un moment, puis les deux visiteuses repartent. Ma voisine, Diane de son prénom, me jette un regard ouvert à la conversation. Je lui dis bonjour. Nous discutons quelques minutes, puis elle rentre dans sa roulotte.

Le souper est prêt, je m'installe pour manger. Une femme se présente soudainement à ma table de pique-nique et m'aborde ainsi: « vous êtes M. Pilote »? Je la regarde avec étonnement. Elle me dit: « Diane, à côté, m'a appelé et m'a dit : « Sylvie, il faut absolument que tu viennes parler avec M. Pilote, ça va t'intéresser ». Vous devinez qu'il est question de « Rouler franco ».

Sylvie est intervenante en apprentissage scolaire dans une école francophone. Elle aide les enseignantes dans le but de favoriser l'apprentissage des enfants qui ont des difficultés. On s'entend que les difficultés d'apprentissage, dans le contexte qui prévaut dans les écoles francophones, ne sont pas le fait de quelques exceptions. On sait que, selon les règles en vigueur, les écoles francophones doivent accepter dans leur rang les enfants qu'on appelle les « ayant droit », c'est-à-dire ceux qui ont un droit constitutionnel à une éducation francophone (généralement issus de parents ou de grands-parents ont reçu une éducation francophone). Beaucoup de ces enfants entendent parler en français pour la première fois lorsqu'ils arrivent à l'école, parce que le français n'est plus la langue d'usage dans leur famille. Certaines écoles admettent même des « non ayant droit » (aucune trace de français dans ces familles; cela fait d'ailleurs l'objet de grands débats actuellement), ce qui complique davantage la tâche des enseignantes et des intervenantes comme Sylvie. En fait, la plupart de ces enfants n'éprouvent pas de véritables difficultés d'apprentissage (intrinsèquement); leurs difficultés sont plutôt contextuelles, elles sont liées au fait que le programme n'est pas adapté à leur capacité réelle, tout simplement parce qu'ils ne possèdent pas les acquis nécessaires pour s'y conformer.

On a donc d'un côté des enfants dits « en difficulté » et de l'autre, des enfants issus de familles réellement francophones qui, eux, possèdent les acquis nécessaires. Ces derniers, malheureusement,  ne peuvent pas évoluer au rythme auquel ils le pourraient puisque l'application du programme francophone est ralentie par ce nombre important d'enfants qui n'ont pas les acquis nécessaires. De plus, les enfants francophones (ceux qui ont les acquis nécessaires), parce qu'on veut faire d'eux des enfants bilingues, doivent suivre le même programme d'anglais que suivent les enfants anglophones, alors que, logiquement, ces enfants devraient plutôt suivre programme d'anglais « langue seconde » qui serait mieux adapté à leur situation.  Les enfants francophones ont donc double charge... Ce que j'en apprends des choses avec Sylvie!

Diane, qui a été enseignante durant de nombreuses années 
et Sylvie, intervenante en apprentissage scolaire.

Mais ce n'est pas tout! Nous discutons ensuite d'un thème qui m'est cher: le lien entre langue et culture. Sylvie m'explique qu'en situation de minorité, l'aspect culturel que porte la langue française fait défaut. Je m'explique. Qui est Samuel de Champlain? Étienne Brûlé ? Qui sont les auteurs importants en littérature, théâtre, cinéma ? Ne baignant pas dans une culture francophone, les enfants ne pourront acquérir de la langue française que sa dimension utilitaire. Or, en contexte minoritaire, alors que la vie courante se vit en anglais, une langue limitée à ses aspects utilitaires ne peut pas résister longtemps. La majorité l'emporte, comme on dit. Pour pallier ce manque, l'école avait ajouté au cursus une dimension « construction identitaire » où des apprentissages sur le plan culturel devenait possible. Mais, me dit Sylvie, avec les coupures dans le domaine de l'éducation en Ontario, ce sont ces aspects du programme qui devront être abandonnés en premier... Ah! ce que j'en apprends encore avec Sylvie !

J'ai souvent souligné dans ce blogue l'importance pour les francophones d'avoir leurs propres écoles pour pouvoir offrir à leurs enfants une éducation en français. Encore faut-il que ces écoles soient en mesure de leur permettre d'acquérir une langue française qui l'est jusqu'à sa racine...

Autre observation de Sylvie: on sait que, de manière générale, les rapports parents-enfants et les méthodes éducatives ont beaucoup changé  au cours des dernières décennies. « Nous, me dit Sylvie, dans notre famille, parce que nous tenions à notre langue, nous exigions de nos enfants qu'ils l'adoptent à la maison et ailleurs lorsque nous le pouvions. Aujourd'hui, exiger, ce n'est plus très tendance...».

Ouf! Quand je pense que je ciblais un camping situé quelques kilomètres avant celui-ci et que j'ai finalement décidé de rouler encore un peu avant de m'arrêter. Quelle bonne intuition j'ai eu! Rencontre imprévue, rencontre tellement riche!

Merci Diane, merci Sylvie. Je repartirai avec une connaissance plus fine des enjeux auxquels les enseignantes et les intervenantes en milieu scolaire sont confrontés.










mardi 13 août 2019

Hearst, le petit miracle

Hearts demeure pour moi un mystère. Pourquoi le français parvient-il à se maintenir dans cette communauté? Je veux dire non seulement la communauté créée par les associations et les différents regroupements, comme je l'ai souvent vu, mais la communauté vivante, celle de la rue, du magasin, du restaurant... J'ai fait quelques lectures pour essayer d'identifier les facteurs en cause: historique de la ville, profil actuel selon statistique Canada, etc. Oui, j'en conviens, le fait que la majorité des citoyens (90%) de Hearst déclarent avoir le français comme langue maternelle est sans doute un facteur déterminant. Mais la majorité se déclare aussi bilingue et je n'ai pas vu encore une majorité de citoyens bilingues n'ait pas finalement adopter l'anglais, surtout dans le contexte où la ville est située dans une province très majoritairement anglophone. J'ai peine à croire que c'est seulement la force du nombre qui permet d'aboutir à ce résultat. Y a-t-il d'autres facteurs en cause?  Les plus jeunes conduiront-ils la ville vers un point de bascule, comme cela s'est souvent produit ailleurs? Je ne suis malheureusement pas resté assez longtemps à Hearst pour rencontrer des gens qui auraient pu m'expliquer ce qui se passe dans ce village gaulois. Quelqu'un peut-il m'expliquer?

Toujours est-il qu'à Hearts, je me suis senti chez nous. C'est comme si mon cerveau se faisait bercer. Prenez un enfant, bercez-le en fredonnant et il deviendra apte au bonheur. J'entends « le bonheur - joie de vivre », pas le bonheur que l'on achète et que l'on applique sur soi comme un vernis. Pareil pour mon cerveau! Lorsqu'il entend de toute part sa langue maternelle, il se met à secréter de l'ocytocine, et c'est tout mon être qui devient euphorique.

Un cerveau heureux fait alliance avec le cœur et le corps, et voilà que le regard change. C'est peut-être pour cette raison que j'ai soudainement eu envie de me faire une beauté...tout étant relatif. Jusqu'à ce moment, j'avais pris soin de Dolorès et de Lucien, mais trop peu de moi. Imaginez, deux mois sans me faire couper les cheveux...

Je me décide, j'entre chez Mary Ann et je lui fais part de mon désir. Elle jette un coup d'œil à son horloge et me dit: « si tu t'es prêt tout de suite, j'ai le temps »! Ah! Quel allégement! Merci beaucoup Mary Ann, tu es une pro!

Nathalie, ma coiffeuse bien aimée, à qui je suis fidèle depuis 13 ans, dis-toi qu'avec Mary Ann, ce n'était qu'une aventure...


Mary Ann dans son salon de coiffure
Mon passage à Hearst a été un moment heureux et une puissante poussée vers Shawinigan.


dimanche 11 août 2019

Le son des songes

« Le son des songes », c'est une très belle chanson de Richard Séguin (lien plus bas). Peut-être que je la trouve belle parce que je m'y reconnais... Enfin. Mais le son des songes, c'est aussi le son que j'aime entendre lorsque ma raison raisonnante est devenue prisonnière d'elle-même. La nuit porte conseil, dit-on. En fait, la nuit porte la voix de l'instinct, et l'instinct, c'est le meilleur ami de quiconque est confronté à ses limites.

À Kamloops, en Colombie-Britanique, après une bonne nuit de sommeil, j'ai senti qu'il était maintenant temps de rouler plus rapidement vers l'est. D'autres villes, d'autres gens, d'autres points de vues sur la francophonie, c'est ce que ma raison aurait voulu connaitre. Renoncement... parce que, je le répète, le temps est venu de rouler vers l'est! Je n'ai d'autres arguments que celui-ci : je le sens! Le ventre vaut bien le cerveau!

C'est à la suite de cette décision que je me suis rendu à Airdrie, en Alberta. J'avais déjà établi un contact avec Geneviève, celle que j'aime bien appeler « Geneviève la fidèle » (article du 6 août 2019). J'ai ensuite roulé jusqu'à Brooks, toujours en Alberta, et c'est là que j'ai rencontré les jeunes cyclistes. Et j'ai roulé encore et encore pour m'arrêter à Moosomin, en Saskatchewan,. J'avais le goût de dormir une autre fois dans cette province qui m'a fait vivre tant d'émotions (rappelez-vous: l'Assemblée communautaire fransaskoise, le festival fransaskois, le reportage de la fureteuse de Radio-Canada (Nicole Lavergne- Smith), la ferme de Martin Prince. Puis j'ai roulé vers Ste-Anne, au Manitoba, là où m'attendait Jacinthe et ses grenouilles (il est tellement beau son magazine Le Nénuphar - article du 7 août 2019).  Et le lendemain, j'ai roulé jusqu'à Dryden, ville qui marque le début du territoire ontarien. J'y ai dormi une nuit. C'est à Dryden qu'avait eu lieu ma rencontre avec Claire Drainville, cette femme qui s'est donnée pour l'amour de sa langue (article du 26 juin 2019). Puis je me suis rendu à Nipigon, point de rencontre de la route 17, qui longe le Lac Supérieur (que j'avais empruntée pour aller vers l'ouest) et de la route 11, que j'emprunterai pour visiter le Nord.

À Nipigon, soit dit en passant, le responsable du camping où je me suis installé est un type prévenant et organisé. Il pourrait louer un terrain de camping dans n'importe quelle langue. Tout est sur papier, tout est visuel: des plans, des pictogrammes, des dessins, des photos. Moi qui commence à être pas mal bon pour exprimer mes besoins en anglais lorsqu'il s'agit de louer terrain de camping...cette fois-ci, pas eu un seul mot à dire! Sinon un beau « tank you »! Je n'aurais pas pu le rencontrer au début de mon périple celui-là!

Le lendemain: route 11. On me l'avait décrite « difficile et ennuyeuse ». Que des épinettes, me disait-on. Bah ! je me suis déjà rendu deux fois jusqu'à Natashquan et, plus récemment, jusqu'à Kegaska, le nouveau point final de la route 138. Les épinettes, connais ça! Petit bonus: de très beaux lacs sur les bords de la 11.

Y a t-il quelques organismes dédiés à la francophonie sur cette route, avais-je demandé à Audrey Debruyne deux jours auparavant (par messenger)? Audrey, c'est la responsable du Centre culturel francophone de Thunder Bay. Elle aussi, elle est fidèle! Depuis notre rencontre, elle m'a souvent envoyé des informations pertinentes, comme ça, sans que je ne lui demande (merci Audrey!). Oui, me dit-elle, voici, voilà... Elle me parle notamment de Geraldton et de Longlac. J'ai alors tenté d'établir des contacts par courriel avec les responsables des organismes en question. Un peu à la dernière minute, j'en conviens. C'est l'été après tout! Eh non, je n'ai pas eu de retour... J'ai roulé et, une fois rendu dans le secteur, j'ai malgré tout décidé de passer devant le Centre culturel francophone de Geraldton, sans trop savoir si j'y trouverais présence. Personne. C'est encore l'été, il faut dire...

À Geraldton, je suis allé manger dans une petite binerie qui porte le nom de l'un de mes héros d'enfance...


J'en tenais aussi un autre pour héros, mais...pas vu. Dans ce village, pas d'homme masqué portant une cape noire et circulant à dos de cheval, je vous en assure. Cependant, chez Popeye, j'ai rencontré des francophones. Je dirais que la moitié des gens qui s'y trouvaient parlaient en français. Petite jasette avec trois dames sympatiques assises à la table à côté de la mienne. L'une d'elles, autrefois bibilothécaire dans une école francophone, s'est intéressée à mon projet. Elle est repartie avec l'adresse de mon blogue. C'est gentil. Merci madame! 

J'ai poursuivi ma route jusqu'à Hearst. Très intéressant Hearst ! Vous verrez.

En attendant, voici « Le son des songes »: https://www.youtube.com/watch?v=QQhkiSihVlI

mercredi 7 août 2019

Lucien le taquin

Ce matin, je ne trouvais plus ma montre. Fouille de fond en comble ma Dolorès, ne trouve pas... Cadeau d'un être cher, non ! il ne fallait pas... il ne fallait pas l'avoir perdue. Cherche, cherche encore. Tout à coup, j'y pense : c'est Lucien !
Voilà!


Ne vous inquiétez pas pour ma santé mentale, tout va bien. Juste un brin de folie!

Jacinthe et Le Nénuphar

Jacinthe habite à Sainte-Anne, une petite ville située à 40 km à l'est de Winnipeg. Elle a créé un magazine Web qu'elle a baptisé Le Nénuphar. Je le trouve beau, ce magazine! Pourquoi l'avoir nommé « Le Nénuphar » ? Explorez-le, vous découvrirez ! Mieux encore: abonnez-vous ! Une petite mine d'or à chaque mois, dans votre boite de réception courriel, et ce, gratuitement. Imaginez! Et par surcroît, vous encouragerez des gens qui travaillent pour la vitalté de la francophonie en situation de minorité.

https://www.magazinelenenuphar.com/

Jacinthe devant ses écrans ou devrais-je dire...ses étangs ! C'est ici que Le Nénuphar prend vie.

Jacinthe et moi avions communiqué il y a de cela quelques semaines, au sujet du Nénuphar bien entendu. Un secret pas du tout bien gardé: l'idée était d'explorer la possibilité d'une collaboration (chut! ce n'est pas parce qu'il est question du Nénuphar que nous allons tolérer le grenouillage!). Au moment de mon aller vers l'Ouest, Jacinthe était au Québec. « J'arrêterai au retour », lui avais-je promis. Me voilà!

Martini, vin, bière japonaise (Kirin Ichiban: excellente, soit dit en passant), délicieux souper, dodo dans un bon lit et deux brassées de lavage! Allons-y pour l'essentiel maintenant: des personnes uniques avec qui j'ai vécu un moment des plus agréables !

Jacinthe et son conjoint Yuki ont deux enfants, France et Vincent. France vit en appartement à Winnipeg, Vincent habite chez ses parents. Ces deux jeunes adultes sont des judokas de haut niveau. Ils ont étudié au Japon et y ont perfectionné leur judo avec de grands maitres. Ils sont trilingues, évidemment.
Jacinthe, Yuki et Vincent
Yuki, leur père, est aussi trilingue, et son français, pourtant troisième langue acquise, est absolument impeccable. L'une de ses réflexions à propos de son apprentissage du français m'a charmé au plus haut point. Il disait essentiellement ceci: « on ne peut comprendre et aimer une langue que si on peut saisir la culture qu'elle porte. Moi, c'est en écoutant Brel, Brassens, Aznavour que j'ai saisi l'essence de cette langue ». Voilà l'enjeu: la connaissance d'une langue passe par la connaissance de ses référents culturels. Opinion que partage Jacinthe. C'est d'ailleurs la première chose qu'elle m'a dite au sujet de l'intention qui l'anime lorsqu'elle crée le contenu du Nénuphar : fournir des référents. Elle me fait remarquer qu'un bon nombre de jeunes issus de la francophonie en situation de minorité, ne possédant pas ces référents culturels, ont de la difficulté à saisir les métaphores, les jeux de mots, la pensée symbolique. Elle a donc conçu des exercices pour aider les jeunes à acquérir cette capacité (vous les trouverez dans la section « Langue française »). Certains professeurs ont commencé à utiliser ces contenus comme outil pédagogique. Jacinthe espère que l'idée se répandra. De fait, je l'ai souvent dit dans ce blogue, une langue, c'est pas qu'un simple moyen de communication. Une langue, ça exprime et ça évoque. C'est souvent dans ce qu'elle évoque que se logent sa grandeur et sa beauté.

Vincent s'exprime à son tour. Pour lui, la langue française, qu'il maitrise très bien d'ailleurs, a le défaut de contenir trop d'exceptions, ce qui la rend inutilement complexe. À plusieurs égards, son point de vue se rapprochait de celui de la linguiste Maria Candea, que j'ai cité dans l'article du 31 juillet dernier (Les francophones de Nanaimo). Propos que j'ai souvent entendus chez les plus jeunes. L'argument: de nos jours, il y a tant à faire, tant à expérimenter, tant à vivre, pourquoi passer autant de temps à étudier les subtilités d'une langue qui n'ont aucune valeur ajoutée. Cette réflexion me ramène tout droit à ce beau passage du livre Les Barbares, essai sur la mutation, où l'auteur, Alessandro Barrico, dit ceci à propos de notre époque : « [...] ainsi s'est imposée l'idée que l'intensité du monde ne vient pas du sous-sol des choses, mais de la lumière d'une séquence dessinée à la hâte sur la surface de l'existant ». Le monde change ! Cela dit, ce qui m'importait le plus lors de cette soirée, c'est que le débat pouvait se tenir et qu'il se tenait avec rigueur et respect.

Ah ! mais quelle belle soirée j'ai passée en compagnie de cette petite famille aux esprits bouillonnants. Dans cette maison les mots ne manquent pas...

Merci pour votre accueil chaleureux.









mardi 6 août 2019

L'énergie de la jeunesse

Après 8 semaines de vie avec, par, dedans et en compagnie de Dolorès, mes muscles commencent à réclamer un peu plus de confort. Je ne suis plus capable de voir un magasin de matelas sans avoir envie de me précipiter à l'intérieur pour m'étendre sur l'un des nuages que l'on y expose. J'ai pourtant tout ce dont j'ai besoin et je suis relativement confortable sur mon matelas mousse de 4 pouces d'épaisseur. De quoi je me plains à côté de ces deux jeunes fringants !




Jérémie et Gabriel traversent le Canada à vélo. Ils sont partis de Montréal, chacun de leur côté. Jérémie est un montréalais, Gabriel vient de Barcelone. Ils se sont rencontrés en Ontario,  ils voyagent ensemble depuis. 

Je trouvais mes conditions de voyage assez minimalistes, imaginez les leurs ! Ils ont aimé mon " set up "(l'aménagement de Dolorès), sachez que je n'avais aucun désir de changer pour le leur! Ils ne sont d'ailleurs pas les premiers à être séduits par cet aménagement. Je vous le rappelle, tout le crédit va à Serge Trotéchaud.

C'est à Brooks, en Alberta, que je les ai rencontrés. Jusqu'à maintenant, de bonnes côtes à monter en Ontario, oui, mais jamais aussi difficile qu'un combat contre le vent des plaines. Des vents qui ont parfois atteint les 75 km/h! Épuisant! Prochain defi: les montagnes de l'Alberta. Destination Vancouver! Quel courage !

Bravo les gars!

Au fait, de quoi je me plains ?



Geneviève, Geneviève et l'esprit de Mélanie

Le 8 juillet dernier, j'ai reçu deux messages, l'un de Geneviève, l'autre de Mélanie. Geneviève est éducatrice à la prématernelle et souhaite me rencontrer à ce titre pour parler de francophonie. Mélanie, elle, souhaite me parler de Zone Franco d'Airdrie, un organisme dont elle est la fondatrice. Airdrie, c'est une ville située à environ 30 km au nord de Calgary. La ville est en constante expansion. Pour vous donner une idée, au recensensement de 2011, 42,844 personnes y habitaient, en 2016 la population se chiffrait à 62,082. Énorme augmentation. En 2016, le français était la langue officielle de 1,195 personnes. On dit d'Airdrie qu'elle est la ville la plus haute en altitude au Canada (on ne considère pas les villages ici).

Je signale ma présence dans la région au moyen de Facebook, et Geneviève, fidèle, me signifie qu'elle est toujours prête à me rencontrer. Mélanie, elle, est en vacances au Saguenay. Dommage ! Parait-il qu'elle est très inspirante cette Mélanie ! Discussion avec Geneviève et, pour faire une histoire courte, je découvre qu'elle est en mesure de faire appel à une autre personne qui contribue à Zone franco et qui pourra m'en parler. Cette personne se nomme ...Geneviève ! C'est la tréorière de l'organisme depuis peu légalement constitué (mais fondé depuis 2015).

Geneviève (devinez laquelle) propose que nous nous rencontions au Fitzsimmons brewing devant une bière. Comment pouvais-je refuser? On se rencontre, on se raconte, aucun risque pour moi que je n'utilise le mauvais prénom... Et l'esprit de Mélanie plane au-dessus de nous. Les Geneviève ne manquent pas de lui accorder toute leur reconnaissance pour le rôle qu'elle joue dans Zone Franco d'Airdrie.
Geneviève, enseignante à  la prématernelle et Geneviève, enseignante et trésorière de Zone franco

Jusqu'à maintenant, je n'ai rencontré que des organisations qui étaient bien implantés et qui roulaient leur bosse depuis plusieurs années. Me voilà aujourd'hui devant une organisation naissante. Difficile de recruter des membres et de les mobiliser? La réponse est simple: oui. Les pionniers et les pionières doivent s'armer de patience. La patience est la mère de toutes les vertus, nous disent les sages (et des tortues aussi, parait-il!). Courage ! J'ai rencontré plusieurs organisations qui ont passé par cette étape au cours de mon périple. Moi, je vous admire!

Qu'en est-il de la francophonie? Qu'en est-il de l'attachement à la langue française? Difficile admet Geneviève...et aussi Geneviève. Une ville neuve, une population ayant peu de racines francophones, ce sont là des obstacles majeurs. Encore une fois, l'école se retrouve à elle seule avec la prise en charge de l'acquisition de la langue française. Mission quasi-impossible. Vous connaissez la maxime ça prend un village pour élever un enfant » ? Ça prend aussi un village pour lui apprendre une langue parlée par une minorité. Mais vous, Mélanie, Geneviève, Geneviève et les autres qui travaillent à cette cause, comme tous ceux et toutes celles qui agissent à titre d'enseignant ou d'éducateur, c'est souvent à votre inssu que vous changez les choses. Vous croyez que vos paroles sont ignorées ? Ne vous en faites pas ! Les jeunes ont cette capacité de capter le meilleur de vous-mêmes. Tout se passe « en-deça ».  Et en français !

J'ai passé un très beau moment avec vous deux. Merci!

https://zonefrancoairdrie.weebly.com/



vendredi 2 août 2019

Pieds nus dans l'autre

Vous saviez, n'est-ce pas, que Félix Leclerc et moi avions plusieurs choses en commun? 

Premièrement: nous sommes nés dans la même ville.
Deuxièmement: « Pieds nus dans l'aube » a été le premier roman qu'il a écrit, et moi, le premier roman que j'ai lu...
Troisièmenent: euh....je pense que c'est tout...

Aujourd'hui, pour finir ma tournée en Colomie-Britanique, je m'inspire justement de Félix en publiant « Pieds nus dans l'autre ». « L'autre » est tiré de la devise du Canada « D'un océan à l'autre ». Je rêvais de tremper mes pieds bariolés dans « l'autre » (chacun ses rêves, ne jugez pas !), alors voilà, c'est fait!


Mais tout n'est pas rose, même lorsqu'on réalise un rêve ! Ici, en Colombie-Britanique, les gens affirment que « l'autre », c'est l'océan Atlantique! Ah ! me suis-je dis, je n'avais pas pensé à ça ... Vous voyez comment ça se passe: chacun construit son point de vue sur la base de son vécu, de son histoire personnelle... Mais je me suis rapidement ressaisis et j'ai crié haut et fort: wo ! gens du Pacifique, j'ai le sens de l'histoire de ce pays de mon bord. Répétez après moi: le Canada, d'est en ouest ! Et puis, il y a la course du soleil qui est de mon bord aussi!

Trève de plaisanteries, gens du Pacifique, vous avez un magnifique coin de pays. C'est beau, beau, beau ici. J'y reviendrai, et j'espère que cette fois-là ce sera en amoureux, si ce n'est que pour le plaisir de partager mes trop-pleins d'émotions devant la beauté de vos paysages.









Une belle histoire

À Kamloops, j'ai rencontré Mélina qui est responsable des communications à l'Association francophone de l'endroit. Les locaux de l'Association étant occupés par les jeunes qui fréquentent les camps d'été, Mélina m'a proposé de la rencontrer au Red Beard café. Nous avons évidemment parlé de l'Association pour laquelle elle travaille et de la francophonie à Kamloops, mais pour écrire ce billet j'ai volontairement retenu un aspect plus personnel de notre conversation (avec sa permission).

Je suis toujours touché par les personnes pour qui il est viscéral de parler en français. C'est le cas de Mélina. Depuis le début de mon périple, Mélina est la deuxième personne (l'autre étant Réal, dont je vous ai déjà parlé) qui me décrit ce besoin profond de s'exprimer en français alors que son environnement favorise davantage l'usage de l'anglais.

Mélina a étudié en français durant son parcours scolaire préuniversitaire, elle étudie maintenant en anglais au niveau universitaire. Elle est parfaitement bilingue. Lorsqu'elle s'est présenté à l'AFK, c'était pour emprunter un livre en français. Elle est devenue membre de l'Association, puis très rapidement elle en est devenue une employée. Et maintenant elle se sent comblée.

Ce qui me fascine dans l'histoire de Mélina, c'est que cet amour viscéral de sa langue maternelle semble associé à un vécu émotionnel intense sur le plan familial, comme c'était aussi le cas pour Réal.

Mélina et moi au Red Beard café

Les parents de Mélina sont arrivés en Colombie-Britannique à l'âge de 19 ans. Venus du Lac St-Jean, au Québec, ils ont finalement tranformé leur séjour en une vie de Franco-Colombien. Pour la mère de Mélina, il était essentiel de faire du français la seule langue officielle de la maison. Les amies de Mélina, pour la plupart bilingues, devaient obligatoirement parler en français lorsqu'ils entraient chez les Potvin.

Mélina vivait le retour occsionnel dans la famille élargie, au Lac St-Jean, comme un moment d'insouciance heureuse, tel que les enfants les désirent au plus profond de leur être. La famille se réunissait autour des exilés, le bonheur signalait sa présence à chaque instant. Et c'était en même temps l'occasion d'un bain dans la langue française. Rien pour en faire une théorie, mais l'histoire de Mélina et celle de Réal se ressemblent beaucoup. On dirait que l'attachement viscéral à leur langue s'est tissé à travers l'établissement de liens significatifs et porteurs de bien-être.

J'aime entendre que l'on peut tenir son âme en éveil juste par amour de sa langue. Il suffit alors de faire vibrer ses cordes vocales pour recevoir sa dose de bonheur...

Réflexion comme ça: peut-être qu'il était plus facile d'avoir un rapport « sentimental » à sa langue à l'époque où les gens vivaient de manière moins isolée, moins désincarnée...

Merci pour ce beau témoignage Mélina.



jeudi 1 août 2019

Être de son temps

Jolie ville Kelowna !

J'arrive toujours trop tôt ! J'ai un rendez-vous au Centre culturel francophone d 'Okanagan à 10 h 30. M'y voilà 45 minutes en avance! En plein centre-ville, il y a ce parc qui longe le lac Okanagan. Tiens, une petite marche!




L'heure approche, je me dirige vers le Centre culturel. Le Centre se loge dans ce qui fut une église. On y entre et c'est paisible. Nicole est là, tout près, c'est avec elle que j'ai rendez-vous. Elle m'invite à m'assoir et m'offre un café. Un expresso, un vrai de vrai, à la française ou à l'italienne, comme vous voulez! Hummm!



Mathilde se pointe. Mathilde travaille aux communications et à l'organisation des évènements. Elle se joint à nous.

Nicole est celle qui porte l'histoire de l'organisme. Elle est en mesure de témoigner de l'évolution de la francophonie à Kelowna puisqu'elle est au coeur de l'action depuis 1986. Ce qui a changé, en fait, c'est la perception qu'ont les anglophones de la minorité francophone. De peu connue et peu reconnue qu'elle était, la minorité francophone est en train de devenir une communauté qui suscite de l'intérêt et à laquelle la commuanuté anglophone accorde de plus en plus de valeur. Ce changement ne s'est pas fait tout seul. Il n'y a aucun doute que le tavail du Centre culturel y est pour quelque chose. Quand on croit à notre propre valeur et qu'on agit avec confiance, on offre aux autres l'occasion de développer une perception positive de nous. Telle est la philosophie qui se dégage des propos de Nicole et de Mathilde. Toutes leurs actions sont imprégnées de cette philosophie. Elles forment un beau duo ces deux-là !

Oups! Voilà une jeune femme qui entre dans le local avec sa bicyclette et... son petit chien. Elle, c'est Claudie, la directrice du Centre. Pitou, tout enjoué, s'appelle Wendy. Disons que c'est la mascotte...

Claudie, Nicole, Mathilde et Wendy qui se fond presque au chandail de Mathilde

Claudie se joint à la conversation et continue dans le même sens. Elle insiste notamment sur l'importance d'être contemporain! Qu'est-ce à dire? On a peut-être trop souvent tendance à associer la francophonie uniquement à la tradition: festival du bois, de l'érable, de la musique traditionnelle, etc. Bien que le Centre reconnait l'importance de respecter la tradition (il a aussi son festival de l'érable), il souhaite également se démarquer en montrant que la francophonie peut être associée à quelque chose de plus contemporain. En fait, si je traduis bien l'idée qui se dégage de notre conversation, je dirais ceci: si nous ne voulons pas que notre langue et notre culture soit relayées au rang de « choses du passé », un peu folklorique, cessons nous-mêmes de leur donner ce statut. Voilà pourquoi le Centre déploie beaucoup d'énergie pour organiser l'évènement culturel La Nuit Blanche, cette fête nocturne d'arts multidiciplinaires, qui est née à Paris, et dont on ne manque pas de souligner le caractère francophone. Cette fête contribue à faire la promotion de la francophonie auprès d'un très large public.

Claudie revient souvent sur cette idée : il faut éviter le repli sur soi, il faut plutôt infilter, influencer, faire aimer notre culture et, surtout, être actuel. Et tout indique que cette approche donne des résultats positifs puisqu'on observe depuis quelques temps une importante diminution de la stigmatisation de la communauté francophone.

Oh ! j'ai entendu bien d'autres choses intéressantes au Centre culturel francophones de Kelowna. Vous ne savez peut-être pas mais... je me garde des secrets pour la fin!

Kelowna, le dynamisme ne vous manque pas !

Merci de m'avoir si bien reçu.











Victoria, la capitale

J'entre dans la ville, GPS orienté vers la Société francophone de Victoria. Lui et moi travaillons en étroite collaboration. Rue trouvée, stationnement disponible, parcomètre identifié, tout va bien... Je glisse ma main dans mon sac pour trouver la monnaie nécessaire et, au même moment, j'entends: « bonjour Guy » ! Eh bien oui, je ne rêve pas,Valérie est là pour m'accueillir ! Non mais, pensez-y! Elle est venue à ma rencontre. Quel accueil!

Nous montons dans les locaux de la Société Francophone situés au deuxème étage d'un édifice. Michel est assis au bureau de l'accueil, il occupe cette fonction à titre de bénévole. Pauline, la directrice, est occupée pour le moment, elle se joindra à nous plus tard. Myriam est aussi présente. Myriam est une jeune employée temporaire qui assiste Valérie dans son rôle de coordonnatrice aux communications et aux activités culturelles. Elle est issue d'un milieu anglophone, ses parents ne parlent pas français. Elle a acquis son français grâce à programme scolaire d'immersion française. Quelques jours avant ma visite, j'ai eu l'occasion de discuter avec elle au téléphone. Très bel accueil, très bon français ! Son emploi à la Société lui permettra de poursuive son immersion.

Autour d'une table, Valérie, Myriam et moi commençons la discussion. D'abord mes questions d'usage: portrait de la francophonie à Victoria et dans ses environs, connaissance de l'organisme et de ses services, défis à relever. Et toi Valérie, qu'est-ce qui t'amène à Victoria? Différence d'accent...j'ai deviné qu'elle vient d'outre-mer. Elle me raconte brièvement son histoire (Valérie est d'origine belge) et me dit ceci: « comme vous dites au Québec, je suis tombée en amour avec Victoria ». Eh bien voilà ce que ça fait quand on tombe en amour: elle y est maintenant depuis 10 ans!

À mes côtés: Valérie, Pauline et Myriam.
Vous devinez que c'est Michel qui joue le rôle du photographe.
Pauline se joint à nous. Elle a du bagage, Pauline! Ça fait plus de 25 ans qu'elle oeuvre dans le domaine et ça parait. Elle me rappelle que Victoria a été largement occupée par des francophones, que le français et le chinook (langue parlée faite d'un mélange de langues autochtones, de français et d'anglais) ont été les langues dominantes jusqu'en 1859. La rue vers l'or, dans le canyon du Fraser et du Cariboo, a provoqué l'arrivée massive d'anglophones dans la région et c'est à ce moment que tout a basculé. L'anglais a pris le dessus.

Mais Pauline ne s'arrête pas là! Elle me fournit d'autres informations intéressantes. Vous savez que le maintien de la francophonie tient en grande partie à la possibilité de recevoir une éducation en français. Mais qu'advient-il du jeune et de son français après ses douze années d'études?

  • 33 % des jeunes qui fréquentent une école française conserveront un niveau de français jugé fonctionnel si leurs deux parents sont francophones;
  • 19% seulement le conserveront si un seul des parents est francophone (couples exogames);
  • mais il se trouve que chez les francophones en situation de minorité, 95% des couples sont exogames.
Facile de tirer une conclusion...

Pour expliquer les dangers réels qui menacent la langue française, Pauline fait référence à Rodrigue Landry, chercheur à l''Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques (liens plus bas) et au concept de « masse socialisante ».  La « masse socialisante », c'est cette force qui nous avalent malgré nous. La majorité finit inévitablement par « créer le réel », un réel auquel la minorité devra inévitablement s'adapter.

Mais Pauline ne perd pas espoir. Elle est consciente de la portée et des limites des actions que peuvent poser les associations comme celle qu'elle dirige. Elle reconnait l'importance d'agir aussi sur le plan politique et sur le plan juridique, comme c'est justement le cas en Colombie-Britanique où, pour la première fois au Canada, la Cour suprême entendra une cause sur le droit à l'éducation en français (lien plus bas). Un jugement favorable aux plaigants pourrait changer potitivement le visage de la francophonie. Agir sur tous les plans (politique, juridique, social, culturel. etc.) et pas seulement pour dans le domaine de l'éducation. Agir aussi pour obtenir des services en français, agir pour un droit égal de vivre dans sa langue. Le français est une langue officielle, le français n'est pas « une deuxième langue officielle ».

Combien je suis reparti nourri de cette rencontre? Ça ne se compte pas! Je suis allé digérer le tout devant le parlement et sur la promenade du port...

Merci belle équipe de la SFV


http://continent.uottawa.ca/fr/equipe/collaborateurs/rodrigue-landry/

https://www.icrml.ca/fr/

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1163738/cour-supreme-education-francophonie-colombie-britannique-proces
Il y a de la vie aujourd'hui devant le British Colombia Parliament Buildings



mercredi 31 juillet 2019

Les francophones de Nanaimo

J'entends déjà quelques-uns de mes amis dire que je me suis venu ici, à Nanaimo, pour y déguster les fameuses barres Nanaimo et profiter de la jouissance qu'elles pouvaient offrir à mes papilles ! Oui, oui, ces fameuses barres sont bel et bien nées ici, mais non, non, je ny suis pas venu pour elles. J'y suis venu pour rencontrer Catherine à l'Association des francophones de Nanaimo. Sachant que je venais visiter son centre, Catherine a demandé à quelques personnes de son conseil d'administration d'être présentes à la rencontre, question de multiplier les interractions et d'enrichir la conversation. Julie, Lucille et Réjeanne se sont donc jointes à elle. Je peux vous dire que l'idée était bonne: j'ai effectivement eu avec ces quatres femmes des discussions fort intéressantes, malgré la brièveté de notre rencontre.

Julie, Catherine, Lucille et Réjeanne
Quelque 3000 francophones et 17,000 francophiles résident à Nanaimo et dans ses environs. Je suis toujours étonné de constater que des nombres aussi importants de francophones et de francophiles dans une région ne se traduisent pas par une visibilité (je devrais plutôt dire: par une audibilité) plus grande dans la rue, les commerces, etc. J'ai exprimé cet étonnement et, avec Catherine et son groupe, j'ai fait un pas de plus dans ma compréhension de ce phénomène. En fait, les francophones appartiennent à cette catégorie qu'on appelle « les minorités invisibles ». Ils ne sont pas identifiables par des signes visibles tant et aussi longtemps qu'ils n'ont pas prononcé un mot. Pas identifiables par la majorité anglophone et non plus par le groupe auquel ils appartiennent. « Il suffit d'être deux et de se parler tout naturellement en français, me dit Julie, et vous verrez autour des francophones ou des francophiles agréablement surpris et heureux d'échanger avec vous dans votre langue ». Il faut donc oser parler en français en public, il faut résister à l'envie de se fondre à la masse. Vous vous souvenez des propos de Réal, de Terrace Bay (article du  26 juin 2019): « en situation de minorité, parler en français relève d'une décision ». Les propos de Julie vont essentiellement dans le même sens. J'aime entendre ça ! Il ne faut jamais négliger cet aspect: l'affirmation est une condition nécessaire à la survie de notre langue.

Nous avons aussi abordé la question de l'insécurité linguistique, ce phénomène dont je vous ai déjà parlée dans des articles précédents. En tant que Franco-Colombienne d'origine, Catherine est bien placée pour en parler. Difficile de sentir qu'il y a des accents plus acceptables que d'autres ! Difficile d'arriver au Québec avec le désir et la fièreté de parler en français et de se faire offir par son interlocuteur une conversation... en anglais !  On détecte chez moi un accent différent et voilà qu'on m'incite à parler une autre langue! L'art de « se tirer dans le pied  » en tant que francophone, n'est-ce pas?

À ce sujet d'ailleurs, je vous propose deux courts articles de Maria Candea, professeure de lingusitique à l'univervité Sorbonne Nouvelle (tirés de la revue L'actualité). L'un porte sur l'insécurité linguitique en tant que telle et l'autre porte sur la langue française elle-même, son refus de changer et les risques qu'elle court de se discréditer et de perdre du terrain. Ces articles appuient les propos de Catherine et ceux de plusieurs francophones en situation de minorité. Comme par hasard, je les ai reçus (merci Lucette!) au sortir de ma rencontre avec l'AFN.

https://lactualite.com/culture/tous-les-francais-sont-ils-egaux/

https://lactualite.com/culture/jugeons-lorthographe/?fbclid=IwAR1OUll4Ym0w4mSFdYLpxaYVd5YGDo9ex6nzAeOWaweHv9vK9SlzZfnYVXQ

Il y a de l'espoir tout de même. On note une augmentation constante du nombre d'anglophones qui s'intéressent à la francophonie et qui envoient leurs enfants à l'école français ou dans les programmes d'immersion française. Et chez ces parents, on remarque une tendance: leur motivation pour le faire  change peu à peu. Il accordent toujours une importance à l'apprentissage du français pour des aspects utilitaires (opportunités d'emploi, par exemple), mais de plus en plus de parents s'y intéressent pour la culture associée à la fancophonie. D'ailleurs, ces parents ne comptent plus seulement sur l'école pour offrir cette culture à leurs enfants, ils s'y intègrent eux-mêmes en suivant des cours de français, un service justement offert par l'AFN.

Merci pour votre accueil et vos réflexions équipe de Nanaimo !




mardi 30 juillet 2019

Le berceau de la francophonie

En Colombie-Britannique, le berceau de la francophonie, c'est Maillardville. Tout a commené  lorsque l'usine de Fraser Mills, qui œuvrait dans le domaine du bois, s'est mise à recruter des travailleurs au Québec, sachant que ceux-ci avaient une expertise dans ce domaine. Emploi assuré à l'usine de Fraser Mills, venez vivre en Colombie-Britanique! Il se trouve que les experts en question étaient souvent des francophones... Ils y sont venus en grand nombre, du Québec, mais aussi du Manitoba et de plusieurs autres provinces. D'autres y sont venus des États-Unis.

Comprenant l'importance de l'Église catholique aux yeux des francophones, la compagnie a fourni les matériaux et le soutien pour construire une église au centre de ce qui allait devenir Maillardville. Pourquoi Maillardville? Un jeune oblat venu de France, Edmond Maillard, se trouvait au cœur de l'action pour attirer les francophones. On a nommé la ville en son nom.

Tout a commencé autour de cette petite église

Aujourd'hui, Mailladville n'existe plus en tant que ville, elle est maintenant considérée comme le quartier francophone de la ville de Coquitlam, la plus importante banlieue de Vancouver. La Société Francophone de Maillardville dessert maintenant un territoire qui dépasse largement l'actuel quartier de Maillardville. La SFM aurait donc se choisir un nouveau nom, un nom qui aurait mieux représenté son nouveau territoire. Mais elle a plutôt décidé de conserver l'appellation « Maillardville » justement dans le but d'honorer le passé. Décision admirable à mes yeux. Tellement facile de « passer à autre chose » dans ce monde sans mémoire...

Dans le grand Vancouver, il y a plusieurs associations de francophones et je ne voulais évidemment pas me donner la mission de toutes les rencontrer. J'ai donc choisi de visiter La Société Francophone de Maillardville, en raison des aspects historiques dont je viens de vous parler, mais aussi parce qu'on m'avait mentionné le nom de sa directrice, Johanne Dumas, comme étant une personne très inspirante et très dédiée à la cause de la francophonie. Malheureusement, au moment de mon passage, Mme Dumas était en vacances. Mais croyez-moi, je n'ai pas été en reste avec Érika et Éloïse.

Un mot d'abord sur Éloïse, cette jeune Québécoise qui travaille à la SFM grâce à un programme d'échange interprovincial. Elle y occupe une fonction depuis très peu de temps et, malgré cela, elle s'est mise à me raconter l'histoire de Maillardville comme si elle y vivait déjà depuis longtemps.  On appelle ça « intégrer rapidement » ! Prometteur n'est-ce pas?

Derrière Éloïse, juste au-dessus de sa tête, une pensée très inspirante d'Antonine Maillet:


Quelle bonne idée d'afficher cette citation dans un organisme qui a pour mission de soutenir la francophonie!

Érika, c'est l'adjointe de Mme Dumas. Elle m'a décrit les nombreuses activités réalisées par l'organisme pour soutenir la francophonie. Club de lecture, chorale (Les échos du Pacifique), cours de français, services aux nouveaux arrivants, camps d'été en français pour les jeunes et plusieurs activités culturelles à des moments fixes durant l'année. Parmi ces activités culturelles, il y a en a une qui mobilise beaucoup d'énergie: le festival du bois. Cet évènement se déroule en mars et peut attirer jusqu'à 8000 personnes sur une période de 3 jours. Francophones, francophiles et anglophones y participent pour célébrer la culture francophone.

Éloïse et Érika
Érika admet que ce sont les  personnes de 50 ans et plus qui sont les plus actifs au sein d l'organisme. C'est d'ailleurs le cas dans plusieurs organismes. Le rapport des plus jeunes à la langue français n'est pas tout à fait le même...

La ville de Cotquitlam est un bon partenaire de la SFM souligne Érika. « Je n'y suis que depuis 7 mois et ça fait au moins 3 fois que le maire nous rend visite » mentionne-t-elle. On comprend que ce soutien est loin d'être négligeable...

Je suis repartis la tête et le cœur bien remplis, prêt pour une petite marche dans Maillardville...


Voyez ce lien si le chant chorale vous intéresse:

http://www.lesechosdupacifique.info/

lundi 22 juillet 2019

Le désert et le dessert

Faute de pouvoir vous parler de francophonie pour le moment, je vais vous parler du climat de la Vallée de l'Okanagan et de ce qu'il peut produire.

Ce climat chaud, sec et ensoleillé nous offre d'abord de très beaux paysages. Les montagnes sont quasi-desertiques et, à leur pied, on y trouve souvent un lac ou une petite rivière et de la verdure. À cela s'ajoutent une variété d'arbres fruitiers et des vignes. Le mélange des tons pâles et foncés donne un beau spectacle.










Et à la fin on récolte des cerises, des abricots, des pêches, des nectarines, des pommes, des prunes et des poires et, évidemment, des raisins pour fabriquer le bon vin! Étrange n'est-ce pas?




C'est tout! 😊

dimanche 21 juillet 2019

Là-haut sur la montagne avec Suzanne et Bryn

Je ne me suis pas rendu à Grand Forks pour rencontrer une association de francophones, comme je l'ai souvent fait dans d'autres villes. Non. Je me suis rendu à Grand Forks pour rencontrer Suzanne et Bryn. C'est Amélie (article précédent) qui m'a mis en contact avec eux. Amélie, ça fait pas mal de belles choses que je vis grâce à toi, je commence à me sentir en dette!

J'arrive à Grand Forks. J'ai un numéro de téléphone, j'appelle. Bryn m'explique comme me rendre à leur maison sur la montagne. Je prends la Hardy Mountain Road, qui porte bien son nom d'ailleurs! La maison de Suzanne et Bryn se trouve à 1000 mètres d'altitude (près de 3, 300 pieds). Ça monte et ça monte encore. Vous imaginez que cette route ne peut qu'être en zig-zag, comme vous le voyez sur les photos ici:




Ouf! J'arrive ! Route surprenante par moment...

Là-haut, je descends de ma voiture et aussitôt Suzanne laisse son jardin et vient à ma rencontre. Nous avançons vers la maison et voyez ce que je découvre:


Wow! Immense maison en bois rond, que Suzanne et Bryn ont construite de leurs mains suivant différentes techniques de construction pièces sur pièces.

Alors, venons-en au vif du sujet! Suzanne et Bryn forment un duo de musique traditionnelle, le duo VAZZY. Au bas de cette page, vous trouverez une adresse électronique qui vous permettra de les découvrir. Ils ne sont pas les premiers venus dans le domaine de la musique traditionnelle. Ils connaissent tout de cette musique : l'histoire, les répertoires, les influences, les tendances, les groupes et mettez-en...Ils ont joué dans de nombreux endroits au Canada et aux États-Unis, ils ont produit deux albums dont l'un a été en nomination pour l'Album francophone de l'année au Western Canadian Music Awards (WCMA). Mais ce qu'ils aiment plus que tout ne tient pas ces honneurs. Ce qu'ils aiment, c'est se rendre dans des festivals ou dans des évènements qui regroupent plusieurs musiciens de Trad. Se rassembler, jouer ensemble, voilà le plaisir qui surpasse tous les autres. Rassembler, n'est-ce pas la fonction première de la musique?

Suzanne et Bryn déplorent que leur style de musique passe souvent pour un art de second rang. C'est la musique qui a donné à nos parents et nos grands-parents la joie de vivre dont il avait besoin pour soulager leur corps en laisse. C'est la musique qui vous fait danser non pas seul-ensemble sur la piste, comme c'est le cas dans les danses à la mode, mais vraiment ensemble, obligeant chacun à regarder les autres dans les yeux, à les toucher, bref, à entrer en contact. Et c'est toujours cette musique-là qui vous fait taper du pied dès que vous l'entendez...

Actuellement, grâce à leur musique, Suzanne et Bryn travaillent auprès des jeunes, dans des écoles francophones ou dans des programmes d'immersion française, ou même auprès de jeunes anglophones. Ils font connaitre la tradition musicale aux petits et les font bouger au moyen de la danse. Ils font aussi des spectacles, souvent grâce aux invitations des associations de francophones.

Nous échangeons sur différents sujets, la place de la musique, les enfants, la maison, la vie ici et ailleurs au Canada et les feux qui, l'an dernier, les ont tenus dans la fumé durant plusieurs semaines. Je les écoute et je les trouve beaux ! Ce sont des âmes sensibles, c'est évident! Leur mode de vie le démontre bien d'ailleurs: tout vibre autour d'eux !

Fallait pas vivre une telle rencontre sans une ou deux p'tites tounes!




Et je suis redescendu vers la ville avec quelques produits du jardin de Suzanne et Bryn...et avec les deux C.D évidemment!

Quelle belle rencontre ! Merci à vous deux!

http://www.vazzy.ca/le_duo_vazzy/

L'aimable invitation d'Amélie

Amélie a vu passer quelque part cette histoire d'un Québécois qui roulait à travers le Canada pour rencontrer des francophones. Puis Instagram lui est venu en aide et voilà qu'elle m'a rattrapé et invité dans son organisme, l'Association des francophones des Kootenays Ouest.

Toujours heureux de recevoir des invitations, je m'empresse de chercher de l'information sur l'organisme et de jeter un coup d'œil sur Google map pour le situer. C'est à Nelson. Ouf ! que je me suis dit en regardant la carte... Non, non, je ne vais pas me rendre dans ce secteur-là ! Je n'envisageais pas descendre vers le sud si rapidement. Je communique tout de même avec Amélie, par messenger d'abord, puis par texto. Hummm ! Vous savez, quand le dynamisme, l'enthousiasme, la sympathie réussissent à se glisser à travers de si brefs messages, c'est qu'ils sont bien présents chez l'émetteur! Alors je suis parti pour Nelson!

C'est sur ma route vers Nelson que j'ai rencontré Patrice (article précédent) et c'est par lui que j'ai appris que je pouvais m'y rendre en passant par une route secondaire qui promettait de beaux spectacles. J'ai donc emprunté cette route secondaire qui conduit à Nelson en longeant le Lac Kootenay. Détail: cette route oblige à prendre un traversier puisque Nelson se trouve sur l'autre rive de ce lac. Au départ, je ne favorisais pas ce scénario, tout d'abord parce qu'il pleuvait à boire debout, et aussi parce que j'avais un rendez-vous avec Amélie et je craignais que cette route n'allonge mon parcours. Mais voilà qu'à l'intersection où il fallait que je décide de ma route, le ciel s'est soudainement éclairci et, en une fraction de seconde, en raison du changement de fuseau horaire, je venais de gagner une heure. « C'est un signe » me suis-je dit pour me convaincre, go, je quitte la route 3 et je prends la route 3A. C'était la bonne décision !

Petite route sinueuse avec mille raisons de s'arrêter pour regarder les paysages


Bon, les nuages reviennent, mais c'est toujours beau!

Bye bye Kootenay Bay, on s'en va à Balfour, puis à Nelson

J'arrive enfin à l'AFKO, j'y entre et dès les premiers instants je comprends pourquoi les messages d'Amélie étaient aussi invitants! Jeune femme pleine d'énergie, accueillante, aux yeux expressifs comme je n'en ai rarement vu. Comme je le fais habituellement, je prends le pouls de la francophonie de la région, je cherche aussi à comprendre pourquoi un organisme invite Rouler franco chez lui... Ça me semble toujours un mystère.

Venue de France, Amélie a d'abord vécu à Montréal, mais sa vie dans la métropole lui apparaissait trop semblable à celle qu'elle vivait déjà de l'autre côté de l'Atlantique. Besoin d'un plus grand dépaysement. Dépaysement réussi: Nelson, rien à voir avec Montréal!

Les francophones ne sont pas en grand nombre à Nelson, mais ce que je comprends de mes échanges avec Amélie, c'est qu'ils en valent le double du nombre qu'ils sont! Très présents aux activités organisées par l'AFKO, très impliqués, voilà comment Amélie les décrit.

La petite maison où se loge l'AFKO est chaleureuse et invitante. Les gens y circulent, viennent faire leur tour, juste comme ça, un peu comme s'ils étaient des amis. Des activités s'y déroulent, il ya de la vie. L'AFKO organise aussi quatre grandes activités par année, activités qui, elles, regroupent un plus grand nombre de personnes. En plus de  travailler à l'organisation de ces activités Amélie enseigne bénévolement le français à qui veut bien se lancer dans l'aventure. Oui, on me le rappelle souvent ici, le français est une langue difficile à apprendre. Alors, dis-toi bien Amélie que tu es la bonne personne pour les accompagner. Ils auront besoin d'un prof enthousiaste comme toi! 

Autre initiative intéressante, l'émission de radio en français à la radio communautaire anglophone. L'AFKO a en effet approché les responsables de la station de radio pour mettre ce projet en branle...et ça marche! Quelques personnes de l'AFKO, dont Amélie, animent à tour de rôle cette émission.

Amélie, c'est elle ! Elle est animatrice culturelle à l'AFKO

Nelson est une petite ville charmante située en montagne, des deux côtés de la rivière Kootenay. Dans ce secteur, la rivière se prend pour un lac. Elle s'étend, elle se détend, elle baigne dans l'insouciance... Les amateurs de voile l'ont compris. À Nelson, les côtes sont abruptes, de sorte que les maisons sont presque superposées. Votre voisin d'en arrière est aussi votre voisin d'au-dessus!







Amélie me donne quelques bonnes adresses, notamment des adresses de petits commerces attrayants pour un gourmand (si elle m'en a donné d'autres, je n'ai retenu que celles-là...Vous devez commencer à me connaître!). Ces commerces sont tenus par des francophones, d'où l'intérêt pour moi dans le contexte de ce voyage.

Je me suis d'abord rendu Au soleil levant. Tout pour me plaire: pains, brioches, odeur de levure, chaleur enveloppante et francophonie plein la cuisine. Miam!

Tout petit mais combien charmant! Et tellement bon ce qu'on y trouve!




Et devinez quoi? L'appel de mes papilles s'est encore fait entendre! Je ne pouvais certainement pas passé à côté de la fromagerie Le Grand Fromage, tenue par Nancy, une maître fromagère. Croyez-moi, elle sait de quoi elle parle! Et en plus des fromages, on peut y trouver une foule de petits produits fins. N'eut été que Dolorès a des limites quant à l'espace qu'elle peut m'offrir, j'aurais fait quelques provisions.

Nancy, une femme avec qui j'ai eu beaucoup de plaisir à discuter, bien que mon passage fut bref.




Il y avait aussi chez Totoche, une épicerie fine, dont les charcuteries sont la spécialité, Eh non, je n'y suis pas allé! Pas amateur de charcuterie.

Le lendemain, j'ai passé l'après-midi dans les locaux de l'AFKO. J'ai pu y recharger cette fameuse batterie qui alimente mon frigo tout en prenant le temps d'écrire sur ce blogue. J'étais en compagnie de Rosanne, qui y travaillait ce jour-là, et qui faisait tourner Jean Leloup, Philippe Brach et plusieurs d'autres auteurs-compositeurs-interprètes québécois qui m'ont rendu l'après-midi très agréable. Et un bon thé Earl Grey avec ça, n'est-ce pas Rosanne !

T'es pas mal belle Nelson! Merci AFKO!